Géraldine LeMeur, co-fondatrice The Refiners, sur l’écosystème startup en France et dans la Silicon Valley

Ce mercredi matin lors du petit-déjeuner StartHer, nous avons rencontré Géraldine LeMeur, cofondatrice de The Refiners , accélérateur de startups françaises et internationales basé à San Francisco. Elle a partagé son parcours avec nous et a livré ses conseils pour entreprendre.

« Avec Carlos Diaz et Pierre Gaubil, nous pensons qu’il est important de rendre à l’écosystème ce qu’il nous a apporté. Si on veut faire rayonner la France à l’international, il faut qu’on le fasse tous ensemble, aussi depuis l’étranger, en permettant aux pépites françaises du numérique de scale up depuis San Francisco. » The Refiners est né de cette ambition.

Les trois co-fondateurs ont levé 6 millions de dollars avec pour objectif d’accélérer 50 à 70 startups sur les trois prochaines années. Comme le soulignait récemment un article dans Les Echos, « l’accélérateur prendra 3 à 7 % de leur capital, en échange d’un chèque de 50.000 dollars pour les aider à démarrer. » Géraldine précise qu’avec ses 200 mentors américains et européens, The Refiners propose un accompagnement sur le long terme, au-delà des trois mois du programme d’accélération. Un conseil pour ceux qui voudraient encore postuler ? Être ambitieux !

« Aujourd’hui, quand on est une startup, le temps est compté, il ne faut pas penser à un pays à la fois, mais global dès le début » affirme cette serial entrepreneuse. « Sauf si vous êtes sur un marché spécifiquement français, lancez-vous à l’échelle internationale dès le début ».

De passage à Viva Technology la semaine dernière, cette dernière s’est rendue compte qu’il existe un gap d’entrepreneurs entre les « vieux » de l’Internet, qui ont commencé avec les pelles et les pioches dans les années 90 comme nous, et la génération des jeunes de 25 ans qui font aujourd’hui bouger l’écosystème ». Les générations se mélangent et apprennent les unes des autres, c’est l’effet d’expérience. Elle nous rappelle que l’écosystème a beaucoup évolué ces dernières années – tout en restant culturellement très différent de San Francisco.

Une grande différence par exemple est la manière de pitcher. « Lorsque je rencontre un entrepreneur en France, il me parle de son produit alors qu’aux US, on me dit : « voilà le problème que je tente de résoudre en ce moment et voilà comment je m’y prends ». Aux US, on parle beaucoup du « problem-solving » et on crée un business en conséquence ».

Un dernier conseil : « Gardez une entité en Europe, la France a des ingénieurs et des designers remarquables. En parallèle, San Francisco est le meilleur endroit pour scale up. »

Pour plus d’informations sur The Refiners et sur le tout premier programme d’accélération qui commencera le 12 septembre prochain : http://therefiners.co/web/FacebookTwitter.

SAY HELLO TO STARTHER

Nous sommes très heureuses de vous annoncer une grande nouvelle : à la rentrée nous lançons StartHer, nouvelle impulsion pour l’association qui donne de la visibilité aux femmes dans l’entrepreneuriat et les nouvelles technologies et suscite des vocations. Autrement dit, pour celles qui ont déjà leur startup ou qui codent au quotidien : on pivote, on fork, on start, bref on commence une nouvelle aventure !

Fondé par Roxanne Varza et Mounia Rhka, le chapitre français de Girls in Tech est le premier chapitre européen à voir le jour en mai 2010. L’objectif de l’association est alors la mise en valeur des femmes travaillant dans le domaine des nouvelles technologies. Ce lancement est le début d’une belle et grande histoire pour ce duo rejoint peu de temps après par Audrey Soussan et Samantha Jerusalemy. Elles ont été rejointes par une équipe forte et soudée, aujourd’hui dirigée par Marion Nougier, Joanna Kirk, Pauline Pham et Julie Robles.

Six ans après, c’est une équipe de 17 personnes, un lancement en France qui a donné naissance à 10 autres chapitres européens, plus de 50 partenariats, plus de 100 évènements – dont la Lady Pitch Night, le plus grand concours de startups international destiné aux entrepreneuses dans la Tech. La dernière édition de cet évènement a reçu plus de 300 candidatures de startups fondées par des femmes dans plus de 28 pays. D’autres  initiatives plus récentes comme Les 10 femmes à suivre dans la Tech en 2016 ou Quel bilan pour les femmes dans l’entrepreneuriat Tech en 2016  font aussi partie des évolutions, ainsi qu’un réseau important de partenaires et de sponsors, qui se mobilisent autour d’une vision commune.

Aujourd’hui, Paris se positionne parmi les villes avec le plus de femmes dans l’entrepreneuriat au monde. C’est un écosystème qui a évolué, de nouveaux défis, des besoins différents et une volonté colossale d’aller plus loin afin de faire bouger les lignes. L’équipe française est une des plus actives du réseau. Depuis plusieurs mois, nous sommes impliquées dans la construction de nouveaux projets pour développer l’éducation, l’accompagnement et la mise en avant des femmes dans la Tech, projets que nous allons annoncer dès la rentrée.

Il est donc devenu clair que la meilleure façon d’avancer est de se concentrer sur ce que nous estimons être au cœur des besoins actuels. Nous devenons désormais StartHer. Nous visons à encourager encore plus les femmes à prendre leur place dans la Tech, dans l’innovation, dans les métiers de demain. Une nouvelle étape dans laquelle nous souhaitons aussi d’avantage intégrer les hommes, car sans vous et votre soutien, nous n’irions pas aussi loin !

Notre équipe reste en place. Nous souhaitons poursuivre nos partenariats et organiser de nombreux évènements, de tous types de formats.

Vous avez des suggestions, des propositions, des idées ? N’hésitez pas à nous en faire part ici, nous nous mettons au boulot tout l’été !

Avant de vous donner rendez-vous pour la suite, nous voulions remercier de tout notre cœur chaque partenaire, chaque sponsor, chaque acteur de l’écosystème, chaque participant, notre communauté adorée, les amis, chacun et chacune d’entre vous, qui nous soutiennent depuis 6 ans. A tous, rendez-vous à la rentrée pour la suite.

A très vite, nous comptons sur vous !

L’équipe StartHer

Roxanne, Mounia, Sam, Audrey, Joanna, Marion, Pauline, Julie, Louisa, Julia, Rachel, Bérénice, Alexia, Shiraz, Anne-Sophie, Sara et Lamiaa.

Interview de Vanessa Rabesandratana, responsable de la communication de Ledger

Dans la soirée du 18 mai prochain, Girls in Tech Paris organise un événement dédié à la Blockchain. Voici une interview exclusive de la troisième des quatre intervenantes que nous aurons le plaisir d’accueillir à l’occasion de cette table ronde, pour laquelle vous pouvez encore réserver votre place !

Bonjour Vanessa. Avant tout, pouvez-vous nous présenter votre parcours ? Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la Blockchain ?

J’ai travaillé plus de quinze ans dans la production musicale et suis toujours journaliste musique aujourd’hui. Ma curiosité pour la Blockchain est née d’un besoin concret. C’est en montant il y a trois ans un projet de web radio, RadioceRos, que mes associés m’ont parlé de Bitcoin. En voulant intégrer une monnaie interne au site, nous nous sommes tellement pris d’intérêt pour le sujet que nous avons finalement créé la première carte de crédit Bitcoin, la « Chronocard ». Ce projet a pris le pas sur le projet musical initial et nous nous sommes rapidement associés à deux autres structures : BTChip, créateur d’un portefeuille Bitcoin sur carte à puce, et la Maison du Bitcoin, premier comptoir « physique » d’achat de bitcoins en Europe. Ledger, lancée début 2015, est la fusion de ces trois entités, avec pour vocation de créer une architecture de sécurité autour du Bitcoin et des transactions blockchain.

Pouvez-vous nous en dire plus sur Ledger ? À quel besoin répond la start-up dans laquelle vous travaillez ?

Ledger développe des solutions hardware pour sécuriser les transactions reposant sur la technologie Blockchain. Notre produit phare est le Ledger Wallet, une gamme de portefeuilles Bitcoin sur cartes à puce qui permettent un usage ultra sécurisé de cette monnaie sur votre propre ordinateur ou smartphone. L’idée est que chacun puisse être sa propre banque, de manière autonome et protégée.

La Blockchain, la technologie d’échanges pair-à-pair qui sous-tend le protocole Bitcoin, permettant de garder trace de toutes les transactions, est en soi un formidable espace de confiance, mais à charge pour chacun de sécuriser son propre ordinateur, ou l’appareil par lequel passe la transaction. Celui-ci pourrait être infecté d’un virus ou d’un maliciel, il peut y avoir bien des failles de sécurité locales. Avec Ledger, toutes les opérations cryptographiques sensibles vont se faire non pas sur l’ordinateur mais à l’intérieur de la carte à puce. Votre porte-feuille est une sorte de coffre-fort intelligent. Et ce qui est valable pour des transactions de bitcoins peut tout aussi bien protéger d’autres types de transactions.

Quels sont les besoins des sociétés ?

Nos solutions sont de plus en plus tournées vers les entreprises : notre prochain produit, Ledger Blue, permet de valider, certifier, authentifier n’importe quelle transaction de données faite notamment via la Blockchain. Nous nous adressons et travaillons avec des sociétés qui ont besoin de partager des données sensibles, ou de mettre en place des process nécessitant une authentification forte, des échanges multi-signatures ou des certifications vérifiables. Des besoins que peuvent avoir tous types de sociétés, dans le domaine médical, l’énergie, la défense, la musique, ou tout autre secteur.

Vous êtes également responsable de la communication de la Maison du Bitcoin. En deux ans d’existence, quels constats avez-vous fait sur cet écosystème, comment a-t-il évolué ?

Bitcoin a aujourd’hui sept ans. À l’échelle du monde 2.0, c’est une technologie déjà bien mature dont la fiabilité a été largement prouvée, mais elle n’en est pourtant qu’aux prémices de son développement. On dénombre une dizaine de millions de portefeuilles actifs : c’est à la fois énorme mais à l’échelle de la planète, on en est aux balbutiements, même si l’ambition n’est pas nécessairement que tout le monde l’adopte, mais plutôt de devenir une monnaie complémentaire et surtout un outil de paiement universel.

La Maison du Bitcoin est également un espace de coworking. En deux ans, nous avons vu relativement peu d’initiatives entrepreneuriales émerger en France. Mais depuis quelques mois, tandis que l’on constate un élargissement des usages et de l’intérêt pour la Blockchain, des start-ups spécialisées se créent. Depuis fin 2015, on assiste à la naissance d’un écosystème français et européen un peu plus fourni.

On observe des changements de discours, des intérêts bienveillants voire une tendance forte. Bitcoin peut à tort susciter des réticences en tant qu’outil monétaire, c’est moins le cas de la Blockchain. Énormément d’argent a été investi dans Bitcoin ces dernières années et l’investissement dans les applications Blockchain prend le relais, l’intérêt grandit. Je pense que l’on va vraiment observer une forte accélération durant les prochains mois. De plus en plus de start-ups créant des applications autour de la Blockchain vont se lancer.

On lit régulièrement des articles sur la fin du Bitcoin : quels sont selon vous les dangers qui le menacent, les écueils qu’il doit éviter ?

En effet, il n’y a pas un mois qui passe sans que l’on annonce la fin du Bitcoin. Un site répertorie toutes ses oraisons funèbres dans les médias, plus de 100 depuis 2010 ! En soi, Bitcoin est un outil, et il faut le voir comme une formidable technologie qui ne prendra probablement pas fin, à moins qu’Internet cesse d’être utilisé, ce qui nous laisse une marge confortable.

Blockchain et Bitcoin sont intimement liés par le système de récompense du minage (les mineurs sont les nœuds du réseau qui valident chaque transaction, ndlr) , qui fait la force du protocole. C’est cette architecture intelligente reposant sur l’association d’un registre public universel et d’une validation collective automatiquement rémunérée qui est innovante. Il existe d’autres blockchains, mais aujourd’hui celle du Bitcoin reste celle qui rassemble le plus de monde, et qui donc « produit » le plus de confiance, avec plusieurs années de recul.

Un des dangers à court terme serait de vouloir réguler à tout prix alors que l’on est loin de connaître tous les usages que le Bitcoin va faire naître. Le second écueil est plus technologique : il faut en simplifier l’usage. Tant au niveau des applications pour l’utilisateur que de son champ d’acceptation. Le nombre de marchands acceptant le Bitcoin doit continuer à grossir, même s’il est déjà significatif (environ 100 000 sites en ligne aujourd’hui, dont de grosses sociétés comme Dell, Virgin Galactic, Expedia, Microsoft, etc.)

Cécile Monteil nous a donné de premières clés de compréhension du Bitcoin, que chacun peut aujourd’hui utiliser plus ou moins simplement au quotidien. Plus concrètement, qui sont les principaux utilisateurs de cette monnaie numérique, quels sont ses usages ? En Europe, en France ?

Selon une étude Coindesk, il ressort que l’utilisateur du Bitcoin est un homme, plutôt jeune et au fait des usages Internet. Comme les bitcoiners sont par définition identifiés par des combinaisons alphanumériques, il est compliqué de dresser un portrait-robot plus poussé.

Ce que l’on constate via les forums, les blogs ou en regardant nos propres ventes, c’est que l’utilisation s’accroît partout dans le monde. Le cœur se situe toutefois en Californie, avec des usages significatifs aux États-Unis et dans les pays anglo-saxons. Ce qui est également intéressant, c’est que l’utilisation de Bitcoin revêt son caractère de valeur refuge dans des pays peu stables économiquement ou politiquement. La crainte d’un gouvernement qui pourrait geler les transactions bancaires dans un pays en conflit, ou bien une forte dévaluation ou déflation de la monnaie locale, comme c’est le cas en Argentine, poussent à l’utilisation de la monnaie numérique.

En Occident, nous vivons relativement confortablement, avec de nombreuses banques et des systèmes monétaires éprouvés, bien que parfois rudoyés, et utiliser Bitcoin peut paraître superflu pour acheter son croissant matinal. Mais déplaçons notre angle de vue. Pour l’envoi d’argent à sa famille à l’autre bout du monde sans passer par une entreprise de transfert d’argent dont les commissions sont exorbitantes et les délais beaucoup plus longs, ou pour payer un prestataire en quelques instants quand cela peut prendre plusieurs jours en passant par sa banque, bref pour tous les usages qui d’habitude engendrent des paiements longs, complexes, coûteux, ou tout cela à la fois, Bitcoin est une solution fabuleuse, fiable, rapide, immédiate. Autre cas d’usage concret de Bitcoin : pour tous ceux qui ne peuvent avoir un compte en banque mais qui ont un téléphone mobile. Par exemple en Afrique, où l’on sait que l’usage du Bitcoin et des monnaies non fiduciaires se répand inexorablement, avec un usage peut-être plus « quotidien » que chez nous.

Avez-vous quelques exemples à nous donner de secteurs utilisant la Blockchain ou pour lesquels des applications existeront certainement ? La musique par exemple ?

On peut citer les exemples d’Open Bazaar, un « Ebay » décentralisé qui repose sur un système peer-to-peer. Il y a également La’Zooz, une start-up de covoiturage israélienne décentralisée qui a mis en place des incitations reposant sur le Bitcoin pour construire un réseau d’utilisateurs suffisamment étoffé. L’artiste britannique Imogen Heap a quant à elle créé une plate-forme musicale d’échange pour artistes indépendants. La gestion des droits d’auteurs et des droits d’exploitation est effectivement un enjeu important dans le secteur de la musique.

Ce sont des exemples de rares cas concrets qui fonctionnent réellement aujourd’hui. Autrement, on en est plus au stade de projets avancés que de déploiements. De nombreuses start-ups et autres sociétés sont en train de mettre en place des prototypes. Nous sommes au début d’une période qui va je l’espère voir naître de nombreuses applications.

Qui sont les acteurs menacés par la Blockchain ?

Ceux qui ont en premier tout intérêt à repenser leur métier, ce sont les tiers de confiance. Le système financier est le premier concerné, mais ce n’est pas le seul. Notre manière de travailler, de concevoir les échanges va fortement évoluer. Certainement pas du jour au lendemain, car beaucoup d’usagers ont besoin de centralité, cela peut rassurer malgré tout. Nombreux sont ceux qui font plus confiance à un banquier, à un système centralisé plutôt qu’à un système de gestion collectif. Souvent par méconnaissance de l’alternative. Mais on a vu avec Internet que les transformations vont vite.

Je pense, j’espère que la Blockchain parviendra à changer les mentalités, à faire fonctionner les choses sans gouvernance hiérarchique, avec plus d’autogestion et de souplesse. C’est pourtant difficile de savoir ce qu’il va en être précisément, car il y a tant de domaines qui peuvent être impactés ! Il faut surtout souhaiter que la Blockchain permette de remplacer les gestions lourdes et complexes pleines d’intermédiaires.

Le principal enjeu de la Blockchain et de Bitcoin, c’est le changement de modèle de référence. C’est à nous, entrepreneurs, de créer des applications faciles à comprendre et à utiliser car il serait dommage que chacun ne puisse bénéficier du potentiel de ce système partagé entre tous, qui fait de la Blockchain un bien commun.

 

Inscrivez-vous à notre newsletter ou suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne pas manquer la dernière interview que nous publierons d’ici le 18 mai 2016, date de notre événement Blockchain / Girls in Tech et pour lequel vous pouvez encore réserver votre place !

Interview de Cécile Monteil, médecin et directrice médicale de la start-up Ad Scientiam : « La Blockchain aujourd’hui, c’est un peu comme si on te mettait face à un arbre et que l’on te disait « vas-y, monte un meuble » »

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Dans la soirée du 18 mai prochain, Girls in Tech organise un événement dédié à la Blockchain. Voici une interview exclusive de la deuxième des quatre intervenantes que nous aurons le plaisir d’accueillir à l’occasion de cette table ronde, pour laquelle vous pouvez déjà réserver votre place !

Bonjour Cécile, avant tout, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis médecin dans le service d’urgences pédiatriques de l’hôpital Robert Debré. Étant très impliquée dans le monde de la e-santé, j’ai crée Eppocrate, une association qui a pour but d’éveiller la communauté médicale aux nouvelles technologies. Je suis par ailleurs consultante pour Stratumn, la première start-up en France à avoir levé des fonds dans le domaine de la Blockchain, qui met au point une plate-forme visant à faciliter l’utilisation de cette technologie par les développeurs.

Claire Balva, fondatrice de Blockchain France, nous a précédemment présenté la Blockchain, les secteurs qu’elle impacte ainsi que ses enjeux. Pouvez-vous nous donner un exemple d’application concret de la Blockchain ?

La Blockchain a initialement été développée pour créer la monnaie bitcoin, c’était sa première application. Le bitcoin est une crypto-monnaie virtuelle. Ce n’est pas tant son côté “virtuel” qui est innovant (environ 90% de notre masse monétaire n’est déjà plus sous forme de pièces ou billets mais dématérialisée), mais le fait qu’elle possède des caractéristiques différentes : il n’y a pas d’autorités financières qui contrôlent Bitcoin, c’est une monnaie décentralisée, auto-régulée par le marché, déflationniste, car en quantité finie, et qui fonctionne en peer-to-peer, c’est à dire qu’elle peut être échangée entre particuliers sans passer par l’intermédiaire des banques.

Il n’y a que 21 millions et pas un de plus, qui sont progressivement mis en circulation et de plus en plus lentement depuis 2009. On peut faire une comparaison avec l’or, dont il existe une quantité finie sur Terre et qui est aujourd’hui de moins en moins accessible, après plusieurs « ruées vers l’or ». Ce sont des ordinateurs (appelés “mineurs”) qui travaillent pour libérer les bitcoins. Aujourd’hui 60% des Bitcoin sont déjà en circulation, et le dernier bitcoin devrait être libéré aux alentours de l’an 2140.

Comment expliquez-vous l’apparition de cette monnaie virtuelle ? De quel besoin initial découle-t-elle ?

C’est une réponse au système financier actuel qui est un système basé sur la dette : on n’arrête pas d’imprimer toujours plus de planches de billets et la monnaie perd en permanence de la valeur. C’est un système qui n’est pas tenable car il est contrôlé par les banques centrales, qui sont des entités privées.

L’objectif du Bitcoin n’est pas de remplacer les autres monnaies, c’est une première alternative aux « fiat currencies » (monnaie fiduciaire : monnaie comprenant des pièces et billets de banque reposant sur une institution centralisatrice, ndlr). Je pense que c’est un socle pour que d’autres monnaies apparaissent, c’est une porte qui s’ouvre vers un système financier alternatif.

A quoi sert-il exactement ? Combien vaut-il, que peut-on acheter avec un bitcoin ?

Le Bitcoin a une valeur qui représente la confiance que les utilisateurs veulent bien lui accorder (au moment de l’interview, le taux EUR/BTC s’établissait à 395,8 €, ndlr). Les bitcoins peuvent être échangés contre des euros ou des dollars sur de nombreuses plates-formes d’échange.

Aujourd’hui, on peut presque « vivre au quotidien » avec des bitcoins. Sur Internet, on peut acheter des billets d’avions (CheapAir.com), des repas à domicile (Pizza.fr), des bons d’achats (gyft.com), etc. Le paiement mobile facilite également son utilisation : à Berlin par exemple, on peut payer avec son téléphone de nombreux hôtels et restaurants.

La première blockchain qui soit apparue est celle du Bitcoin et son fondateur est anonyme. Comment explique-t-on la dissociation de la technologie et de ses usages, le fait que tout le monde puisse s’en emparer ?

La Blockchain est une technologie open source et le programme sur lequel repose le Bitcoin est également en open source. Les développeurs peuvent librement utiliser le code de Bitcoin pour créer d’autres monnaies alternatives avec des propriétés différentes.

La Blockchain est très « hype » en ce moment mais ce qu’il faut vraiment comprendre, c’est qu’il s’agit d’un outil, d’une technologie et non d’une solution en soi. C’est du matériel qui va servir aux développeurs pour créer d’autres applications, des monnaies notamment mais pas seulement.

Vous êtes médecin, pouvez-vous nous citer un ou plusieurs exemples d’application de la Blockchain dans le secteur de la santé ?

Un des exemples les plus pertinents est celui des essais cliniques sur les médicaments avant leur mise sur le marché. Malheureusement, il peut y avoir des falsifications de résultats. La Blockchain permettrait de stocker une preuve de chaque étape de l’essai clinique, qui pourrait être auditée très simplement.

Je souligne que ce qui est stocké sur la Blockchain, ce ne sont pas les données mais la preuve de l’existence de ces données, c’est un amalgame qui est souvent fait dans la presse. Certains ont par exemple dit que le dossier médical personnalisé (DMP) pourrait être stocké sur la Blockchain : ce n’est pas le dossier lui-même mais une preuve cryptographique du son contenu et de chacune de ses modifications (administration d’un médicament, changement de traitement, etc.)

Un dernier exemple assez percutant dans le domaine de la santé est celui du fléau de la contrefaçon des médicaments. Grâce à une traçabilité des lots de médicaments et de leur origine, il serait alors facile de distinguer les vrais des faux médicaments.

Qui se trouve exactement derrière la (ou les) Blockchain aujourd’hui, qui sont ses promoteurs ? Des développeurs indépendants, des start-ups, des consortiums, des sociétés privées (banque, etc.) ?

Ceux qui ont le pouvoir, clairement, ce sont les développeurs. Il y a beaucoup de développeurs indépendants, c’est un sujet très « geek », mais les start-ups et les grandes entreprises commencent aussi à développer leurs projets dans la Blockchain.

La technologie Blockchain aujourd’hui, c’est un peu comme si on te mettait face à un arbre et que l’on te disait « vas-y, monte un meuble » ! Elle peut servir à développer des smart contracts, des registres, des monnaies, etc.

On en est encore au stade expérimental et à part Bitcoin, il n’y a pas encore d’application largement diffusée de la Blockchain et certaines régulations ne se sont pas encore adaptées. On parle beaucoup de la Blockchain comme d’une technologie révolutionnaire mais il reste encore à préciser les domaines de sa valeur ajoutée.

Comment voyez-vous l’avenir de la Blockchain ?

La Blockchain, c’est un outil, une technologie. Quand tu envoies un e-mail, tu appuies sur un bouton et qu’importe la technologie sous-jacente. Je pense que ce qu’il y a en de révolutionnaire dans le Bitcoin et dans la Blockchain, c’est la tentative d’aller vers une société plus simple et plus transparente. Le Bitcoin représente cette volonté de redonner le pouvoir aux individus sur le plan financier, et c’est la même chose pour la Blockchain, qui permet de tracer des informations de façon transparente (mais cryptée), sécurisée et facilement auditable. Je pense qu’il y a quelque chose de véritablement bon dans cette technologie !

 

Inscrivez-vous à notre newsletter ou suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne pas manquer les deux autres interviews que nous publierons d’ici le 18 mai 2016, date de notre événement Blockchain / Girls in Tech et réservez dès à présent votre place !

Interview de Claire Balva, co-fondatrice de Blockchain France : « Il est probable que dans 10 ans, la Blockchain sera largement utilisée et personne ne saura ce que c’est. »

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Dans la soirée du 18 mai prochain, Girls in Tech organise un événement dédié à la Blockchain. Voici une interview exclusive de la première des quatre intervenantes que nous aurons le plaisir d’accueillir à l’occasion de cette table ronde, pour laquelle vous pouvez déjà réserver votre place !

Bonjour Claire, avant tout, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis diplômée de ESCP Europe et passionnée de tech et d’entrepreneuriat. J’ai une expérience en marketing dans un grand groupe et trois autres dans des start-ups. En septembre 2015, j’ai créé Blockchain France avec mes trois associés.

Comment en êtes-vous venue à cofonder Blockchain France, vous êtes-vous inspiré d’exemples étrangers ?

L’idée de créer Blockchain France repose sur un double constat : la Blockchain est une technologie qui a un potentiel incroyable mais, alors que beaucoup de monde en parlait dans les pays anglophones, le sujet était malheureusement peu évoqué en France. Lorsque l’on tapait « Blockchain » dans les moteurs de recherche, il n’en sortait que des résultats en anglais…

Le rôle de Blockchain France, c’est de proposer des services, des formations, des ressources pédagogiques et du conseil aux entreprises afin de faire connaître la technologie Blockchain et d’en développer l’usage. Pour cela, nous avons également un rôle de media.

Nous travaillons aujourd’hui à la fois avec des grands groupes, tels qu’Engie ou encore Total, et avec des cabinets de conseil, qui souhaitent soit former leurs équipes en interne, soit que nous les accompagnions sur des missions chez leurs clients. Nous avons récemment remporté un appel d’offres pour la Banque de France.

Comment expliqueriez-vous ce qu’est la technologie Blockchain à une personne qui découvre le « phénomène » ? S’agit-il d’une évolution ou d’une révolution numérique ?

La Blockchain, pour la définir simplement, est une technologie de stockage et de transmission d’informations qui est à la fois transparente, sécurisée et qui fonctionne sans organe central de contrôle. Plus concrètement, une Blockchain, c’est une base de données, un registre, qui va contenir tout l’historique des échanges, des transactions entre les utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité du registre, de la « chaîne de blocs ».

Ce caractère décentralisé de la Blockchain, couplé à sa sécurité et à sa transparence, peut avoir des applications très diverses. Le bitcoin en est un exemple, mais la Blockchain pourrait remplacer de nombreux types d’intermédiaires par des systèmes informatiques distribués.

Comment est née la technologie Blockchain et à quelle innovation passée pourrait-on la comparer ?

La Blockchain a été créée avec la crypto-monnaie bitcoin, dont le créateur est anonyme. C’est une technologie qui a déjà huit ans.

La Blockchain du bitcoin est spécifique au bitcoin mais il y a d’autres Blockchains : Ethereum par exemple, qui est gérée par une fondation. Des Blockchains privées pourraient aussi être créées par les banques qui seraient les seules à avoir accès aux transactions.

La comparaison est souvent faite entre la Blockchain et Internet. Plus spécifiquement, entre la Blockchain et la suite de protocoles TCP/IP qui a permis de créer Internet. Aujourd’hui, plus personne n’en parle, presque personne ne sait ce que sont ces protocoles et il est probable que ce soit la même chose dans 10 ans pour la Blockchain : elle sera largement utilisée et personne ne saura ce que c’est.

Quels sont à ce jour les principaux secteurs concernés par la Blockchain et quels sont les secteurs qui seront les plus impactés ?

Le premier, le plus évident aujourd’hui, c’est le secteur bancaire et financier, qui s’en est d’ailleurs déjà emparé. On le voit avec des initiatives comme le consortium R3 CEV, qui rassemble des institutions financières autour d’une start-up spécialisée dans la technologie, ou avec des positionnements comme celui de BNP Paribas Securities Services, qui a récemment annoncé un partenariat en France avec la start-up d’equity crowdfunding SmartAngels.

Le deuxième secteur à être impacté est celui de l’assurance. Il n’est pas aussi avancé sur le sujet mais il s’y atèle rapidement ! La Blockchain pourrait notamment permettre d’automatiser les processus déclaratifs, un accident par exemple. Sa deuxième application consisterait en la création d’un système d’assurances peer-to-peer, plus utopique mais qui pourrait exister.

Si je devais faire un peu de prospective sur un autre domaine qui pourrait être impacté, je dirais celui de la supply chain, car la Blockchain est un outil formidable pour tout ce qui a trait à la traçabilité des objets. On pourrait même envisager de coupler la technologie Blockchain avec celle des objets connectés, par exemple la poignée de porte connectée Slock.it pour un usage par les utilisateurs Airbnb.

Toutes les entreprises seront-elles concernées ou bien uniquement les plus grosses, les plus internationales, les plus digitales, les sociétés privées vs. le secteur public, les sociétés vs. les particuliers, etc. ?

Je ne pense pas que cela dépende de la taille des entreprises mais plutôt du secteur d’activité. Je pense toutefois que la Blockchain concernera autant les grandes entreprises que les start-ups, d’autant que l’innovation arrive surtout des start-ups.

A mon avis, le secteur public sera également concerné mais sur le plus long-terme, il va mettre plus longtemps à intégrer cette technologie à ses process.

Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’avant de bouleverser le quotidien des individus, la Blockchain va modifier les process des entreprises. Son impact sur la vie de tous les jours se fera dans un second temps, et surtout de sorte que les utilisateurs finaux ne verront pas la Blockchain !

En janvier dernier, Blockchain France a organisé le premier gros événement sur la Blockchain en France, en partenariat avec Deloitte, Cap Digital et Maddyness : comment s’est-il passé, que retenez-vous de cet événement ?

Avec 500 participants et 1 000 personnes sur liste d’attente, cet événement nous a clairement montré qu’il y a un fort intérêt pour la Blockchain.

Ce que j’en retiens surtout, c’est que cet événement a permis de réaliser que l’importance de la Blockchain va bien au-delà de ses aspects techniques. Nous avons ainsi pu croiser des points de vue d’horizons très différents, des réflexions sociologiques, économiques, business, etc. Dans la continuité de l’événement, une réflexion a été lancée sur la manière dont la France doit s’emparer de cette technologie.

Ce rassemblement a permis de tisser des liens entre les différentes communautés : il y a une communauté présente depuis plusieurs années, très attachée au bitcoin et qui a des compétences techniques sur le sujet, à laquelle vient s’ajouter de plus en plus de diversité, entre les grandes entreprises, qu’il s’agisse de profils ingénieurs ou plutôt business, des profils juridiques dans une moindre mesure, et également des profils plutôt orientés recherche, sociologie, qui vont tenter de comprendre les impacts de la Blockchain sur la société.

Quels sont les grands enjeux auxquels la Blockchain et ses promoteurs devront faire face dans les prochains mois et années ?

La Blockchain n’est pas encore ce que l’on pourrait appeler une technologie mature. Je vois trois enjeux principaux dans son développement :

  • la scalabilité : la Blockchain Bitcoin est aujourd’hui limitée à 7 transactions par seconde (à titre d’exemple, Visa en permet plusieurs milliers par seconde) et l’évolution dépendra de ce que les développeurs vont décider. Dans le cas de bitcoin, il faut en effet que 50% des personnes se mettent d’accord. Le mécanisme de minage (le « proof of work ») est par ailleurs extrêmement énergivore, ce qui est un sujet.
  • la valeur ajoutée pour l’utilisateur : ce que veulent les utilisateurs finaux, qu’ils soient des particuliers ou des entreprises, c’est plus de fluidité et de rapidité. Il faut donc construire sur la Blockchain une expérience utilisateur très intuitive dans laquelle on ne voit pas du tout la complexité inhérente à cette technologie.
  • la question de la régulation : notamment sur les cryptomonnaies (par exemple, dans certains pays, le bictoin est interdit, dans d’autres il est considéré comme une monnaie, ou bien comme un actif). Il n’y a pas de régulation commune. La question de la responsabilité, savoir qui contrôle la Blockchain, est également très importante.

Il faudrait qu’il y ait une véritable coopération entre les législateurs et les personnes qui travaillent vraiment sur la Blockchain. C’est un sujet complexe et les pouvoirs publics s’y intéressent : il y a eu un colloque sur la Blockchain récemment à l’Assemblée Nationale, mais on ne peut pas s’attendre à ce que le législateur comprenne tout d’un coup. Il faut que les experts terrains lui apportent une aide.

Sur quels projets travaillez-vous à Blockchain France aujourd’hui pour promouvoir l’émergence de la Blockchain en France ?

Hormis notre activité classique de formation et de conseil ainsi que la tenue de notre site web, nous avons trois projets en cours :

  • l’écriture d’un livre sur la Blockchain où nous interviewons de nombreux acteurs qui partagent leurs visions différentes (sortie prévue au début de l’été).
  • Un événement orienté écosystème prévu à l’école 42 du 6 au 12 juin, le Blockfest : nous souhaitons qu’il en ressorte des choses concrètes, des prototypes, etc.
  • un projet de MOOC tourné au mois de juillet et qui sortira à l’automne, à destination des entreprises ou des curieux.

 

Inscrivez-vous à notre newsletter ou suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne pas manquer les trois autres interviews que nous publierons d’ici le 18 mai 2016, date de notre événement Blockchain / Girls in Tech et réservez dès à présent votre place !

Delphine Remy-Boutang, Co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale : « La femme doit créer l’entreprise de demain, prendre sa place, ne pas attendre qu’on la lui donne. »

Delphine Rémy-Boutang

Nous avons interviewé un panel d’actrices et acteurs de la tech pour recueillir leurs impressions sur le recrutement féminin dans le secteur. Aujourd’hui, c’est Delphine Remy-Boutang, co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale et fondatrice de l’agence de conseil digital The Bureau, qui nous livre son analyse.

Nous avons malheureusement peu de role models. La plupart sont contreproductifs, car intimidants.

« Le constat, c’est que les femmes sont aujourd’hui sous-représentées dans le secteur du numérique, 27% selon les chiffres du Syntec, alors qu’il s’agit du secteur de demain, celui du futur. Il est temps de se réinventer, d’incarner ce secteur, très féminin selon moi par essence, mais nous avons malheureusement peu de role models. Il y en a quelques uns, comme Marissa Mayer ou Sheryl Sandberg, mais ce sont des modèles en définitive contreproductifs car intimidants.

Si on ne saisit pas cette opportunité, les femmes vont à nouveau se retrouver dans un schéma stéréotypé. Ce qui est formidable avec le digital, c’est que les parcours ne sont pas linéaires. C’est l’occasion de casser les idées reçues. La Journée de la Femme Digitale (JFD) a ainsi vocation depuis quatre ans à accueillir le plus large public possible, c’est totalement l’opposé d’un événement « de l’entre-soi ». C’est un événement qui a grandi au fil du temps (le 10 mars s’est tenue la 4e édition de la JFD, ndlr) car de vraies questions sont posées. Nous avons également lancé les JFD Connect, une initiative qui vise à réunir des femmes évoluant dans le domaine du numérique grâce à des événements organisés chaque mois pour networker, échanger, partager ses expériences.

Le digital pour les femmes, c’est l’opportunité de prendre la parole, de créer de l’influence.

Durant cette journée, il y a eu des start-ups qui sont venues pitcher, des constats, des hommes et des femmes entrepreneurs ou intrapreneurs et la remise d’un prix qui porte pour une fois un prénom féminin, en l’honneur de Margaret Hamilton, informaticienne et mathématicienne, codeuse à la NASA, qui a contribué aux premiers pas de l’homme sur la lune. Cet événement est un arrêt sur image dont l’objectif est que les femmes se disent « je peux le faire », « je peux apprendre à coder » par exemple. Pour faciliter cette prise de conscience, on a ainsi préparé des « savoirs à emporter ».

Le digital pour les femmes, c’est l’opportunité de prendre la parole, de créer de l’influence. Les réseaux sociaux sont une caisse de résonance dont il faut s’approprier les outils. Ils permettent une approche collaborative, beaucoup plus féminine dans l’ADN, à travers le travail en équipe, l’intelligence collective : on casse la hiérarchie « à la papa ». La femme doit créer l’entreprise de demain, prendre sa place, ne pas attendre qu’on la lui donne. Le digital doit être considéré comme un levier d’émancipation mais pour cela, il faut en avoir la connaissance ! »

De nouveaux témoignages seront publiés sur ce blog dans les semaines à venir. Au programme : Kathryn Greer, CTO chez SmartAngels, Béatrice Duboisset, fondatrice de TEDXCEWomen, ou encore Rébecca Ménat, Directrice Communication à The Assets. Abonnez-vous à notre newsletter pour n’en rater aucune !

Sophie Dingreville, Partner à Iris Capital : « Il n’y a rien à perdre à tenter, il faut s’autoriser ! »

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Nous avons interviewé un panel d’actrices et acteurs de la tech pour recueillir leurs impressions sur le recrutement féminin dans le secteur. Aujourd’hui, c’est Sophie Dingreville, partner chez Iris Capital, qui nous livre son analyse.

Le fait que les gens partent, hommes ou femmes, c’est normal ; ce qui est moins normal, c’est de ne pas parvenir à les remplacer par d’autres femmes.

« Il n’y a que 6% de femmes partners dans les fonds VC au niveau mondial. C’est également le cas en Allemagne, au Royaume-Uni ou encore aux Etats-Unis, où il y a très peu de femmes. En Asie, ils sont mieux parvenus à s’affranchir de ces a priori, ou alors à ne jamais s’en encombrer… En tout cas, ce chiffre s’applique bien à la France, puisque nous sommes trois femmes partners dans le secteur : Marie Ekeland auparavant chez Elaïa et dont Samantha Jerusalmy a pris la suite lorsqu’elle est partie monter le fonds Daphni, Claire Houry chez Ventech et moi à Iris Capital. Nous y sommes vingt investisseurs et je suis d’ailleurs la seule femme. J’ai un parcours très technique : de formation telecom, j’ai eu une expérience de chercheur puis d’ingénieur avant de rejoindre Iris Capital. Nous étions trois femmes lorsque je suis arrivée. Le fait que les gens partent, hommes ou femmes, c’est normal ; ce qui est moins normal, c’est de ne pas parvenir à les remplacer par d’autres femmes.

En trente années d’existence, nous n’avons financé que trois start-ups fondées par des femmes.

Il y a selon moi deux explications à cela : d’une part nous recevons très peu de candidatures féminines, à tous les niveaux, même en stage. C’est un fait : le secteur du capital risque attire peu les profils féminins. Peut-être qu’il y a une forme d’autocensure des femmes pour un métier qui peut paraître rude, car technique, financier et exigeant en termes d’expertise ? D’autre part, je pense que beaucoup de fonds ne font même pas l’effort de rechercher de la mixité dans leurs équipes seniors, car ils se sentent bien entre semblables. Je fais moi-même face régulièrement à des propos misogynes et ce n’est à mon avis pas une question de génération mais d’éducation et d’expérience. Côté entrepreneures, c’est la même chose. En trente années d’existence, nous n’avons financé que trois start-ups fondées par des femmes : une en France et deux en Allemagne, dont deux sur trois ces lors de ces quatre dernières années.

Dans les écoles et les universités aussi, où nous devons faire de la pédagogie sur ces métiers, ne pas laisser place aux a priori qui les font paraître compliqués.

Il y a tout un ensemble d’actions à mettre en œuvre pour rendre la mixité possible. C’est un travail à réaliser à la base, avec nos compagnons qui contribuent à l’éducation et aux soins de nos enfants afin de laisser plus de temps aux femmes pour qu’elles se consacrent à leur carrière, qu’elles puissent faire des métiers stimulants. Dans les écoles et les universités aussi, où nous devons faire de la pédagogie sur ces métiers, ne pas laisser place aux a priori qui les font paraître compliqués. Il y a aujourd’hui plus de femmes dans les écoles d’ingénieurs et c’est un bon signe, à mon époque, il y avait des quotas pour limiter le nombre de femmes à 20%.

Il y a également une nette progression du nombre de sociétés fondées par les femmes mais, en parallèle, on constate une régression dans les équipes techniques. Pour contrer cet effet, je fonde de grands espoirs sur la méthode Agile Scrum, qui favorise les profils complémentaires, la diversité dans les équipes plutôt que les relations hiérarchiques. Dans de plus petites équipes, une femme est également moins en minorité que parmi une vingtaine d’hommes.

Pour être traitée de la même manière, il faut jouer selon les mêmes règles.

Le conseil que je donnerais aux femmes, c’est de faire preuve de curiosité, de se renseigner sur ces métiers, de ne pas hésiter à postuler ou à monter des boîtes tech. Il n’y a rien à perdre à tenter, il faut « s’autoriser » ! Nous avons également besoin d’être complémentaires entre nous, dans nos compétences ou nos réseaux. Si nos profils se ressemblent trop, nous nous mettrons des bâtons dans les roues et on aura alors tout perdu. D’où l’importance encore une fois de développer des compétences rares, techniques.

Une dernière chose : je n’ai jamais mis en avant mes contraintes personnelles (dit-elle bloquée en voyage d’affaires à l’aéroport de Berlin à cause d’un retard de son vol le soir, ndlr). J’ai toujours accepté d’être flexible. Pour être traitée de la même manière, il faut jouer selon les mêmes règles. »

De nouveaux témoignages seront publiés sur ce blog dans les semaines à venir. Au programme : Delphine Rémy-Boutang, Co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale, Kathryn Gree, CTO chez SmartAngels, ou encore Béatrice Duboisset, fondatrice de TEDXCEWomen. Abonnez-vous à notre newsletter pour n’en rater aucune !

Glowee et Jam parmi les lauréats 2016 du prix « Innovateurs de moins de 35 ans France »

Hier soir à Paris se déroulait pour la quatrième année consécutive, le prix « Innovateurs de moins de 35 ans France » organisé par MIT Technology Review, la revue du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et L’Atelier BNP Paribas. Partenaire de l’évènement, Girls in Tech était sur les lieux.

Parmi les 10 lauréats annoncés, Marjolaine Grondin et Sandra Rey, deux des 10 femmes à suivre en 2016 selon Girls in Tech Paris ! La première est cofondatrice & CEO de Jam, un super-assistant conçu avec un programme d’intelligence artificielle supervisée par des humains spécialement pour des étudiants, et qui cartonne avec plus de 25.000 utilisateurs.

Sandra, finaliste de notre Lady Pitch Night 2015, est la fondatrice & CEO de Glowee, un système de bio-éclairage, sans consommation d’électricité ni émission de pollution lumineuse, grâce à la bioluminescence.

Un grand bravo à elles ! Découvrez ici la liste complète des lauréats remarquables pour cette édition 2016 :

Aviva Markowicz, International Strategy Manager à NUMA : « Les jeunes femmes doivent s’emparer de ce grand mouvement structurel, car il y a autrement un risque que le gender gap se creuse. »

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Nous avons interviewé un panel d’actrices et acteurs de la tech pour recueillir leurs impressions sur le recrutement féminin dans le secteur. 

Nombreuses sont celles qui ressentent ce que l’on appelle le « syndrome de l’imposteur » et vont ainsi ériger leurs propres barrières.

« En arrivant au NUMA il y a trois ans, à l’époque du Camping, je ne voyais pas la justification de la discrimination positive. Pour moi, il fallait sélectionner les meilleurs projets, qu’ils soient portés par des hommes ou des femmes. Avec le temps, en échangeant avec des entrepreneures, je me suis rendu compte qu’en réalité, elles ne partaient pas avec le même bagage. Nombreuses sont celles qui ressentent, de façon plus ou moins prononcée, ce que l’on appelle le « syndrome de l’imposteur » et vont ainsi ériger leurs propres barrières. Cela va par exemple se traduire dans le choix d’un projet ou dans l’attitude auprès d’investisseurs. Une femme aura ainsi tendance à être plus prudente dans ses projections et dans sa demande en fonds d’amorçage pour le développement de sa start-up là où un homme sera plus ambitieux.

Nous ne sommes pas sur un pied d’égalité face à l’envie d’entreprendre où la prise de risque ; la notion de discrimination positive, je l’appréhende différemment aujourd’hui.

En tant qu’accélérateur, on a envie d’accompagner les femmes dans leurs projets. Il faut mettre en place de réelles initiatives pour que les choses changent, pour inciter les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat. NUMA est notamment partenaire de l’américain Blackbox Connect, un programme intensif de deux semaines dédié aux femmes entrepreneurs hors US. Je trouve ce type d’initiatives très inspirantes et je pense qu’il devrait y avoir plus de programmes similaires en France.

La majorité des hommes de la génération Y estiment que la mixité est devenue une vraie norme, c’est très positif.

En discutant avec des entrepreneurs passés par NUMA, je me rends compte à quel point la mixité est appréciée. Elle contribue à un bon équilibre dans les équipes, à une meilleure ambiance, à plus d’empathie. La majorité des hommes de la génération Y estiment que la mixité est devenue une vraie norme, c’est très positif. Je pense que les générations à venir vont vraiment changer la donne, surtout sur un marché du travail où plus de 50% des métiers dits « traditionnels » vont être amenés à être profondément remaniés, voire disruptés grâce à la transformation numérique. Les jeunes femmes doivent s’emparer de ce grand mouvement structurel, car il y a autrement un risque que le gender gap se creuse. La révolution numérique est une réelle opportunité qu’il faut savoir saisir pour rattraper ces écarts.

L’attitude des hommes, parfois involontaire, même bienveillante, peut se révéler condescendante et « discréditante ».

J’ai aussi découvert que la discrimination passait par des attitudes ou des mots de vocabulaire, parfois inconscients. Le monde de l’entrepreneuriat reste un milieu principalement masculin où la représentativité  des femmes est minoritaire. Face à cela, l’attitude des hommes, parfois involontaire, même bienveillante, peut se révéler condescendante et « discréditante ». C’est ce qui m’est arrivé quand on m’a présentée à une conférence où je devais intervenir comme « the Adorable Aviva », juste après un panel d’investisseurs 100% masculin. On connaît l’importance de la première impression, et j’ai su que j’allais avoir tout un auditoire à récupérer… Ce sont des petits détails très importants. Les hommes doivent être attentifs dans leurs rapports avec la gent féminine. Eux aussi sont acteurs de ce changement et doivent se responsabiliser ! »

De nouveaux témoignages seront publiés sur ce blog dans les semaines à venir. Au programme : Sophie Dingreville, Partner à Iris Capital, Delphine Rémy-Boutang, Co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale ou encore Kathryn Greer, CTO chez SmartAngels. Abonnez-vous à notre newsletter pour n’en rater aucune !

Les nouvelles pépites de l’entrepreneuriat culturel et créatif

D’après une étude CapGemini et eCap Partner, le secteur culturel, création artistique y compris, se placerait au deuxième rang du baromètre des investissments dans les startups du numérique l’année dernière, après le marketing-communication. Parmi ces entrepreneures, on en compte de nombreuses qui souhaitent apporter à ce secteur en plein renouveau une valeur ajoutée technologique.

Elles révolutionnent la bibliothèque, le livre d’or, ou le bijou, elles mettent en lumière et en relation, le tout grâce aux nouvelles technologies : ces jeunes entrepreneures sont résolument “tech” et leur créativité égale celle du secteur dont elles portent les couleurs. Souhaitons qu’elles fassent naître des vocations !

Lisa Durand – WeBibli – Pour les #Booklovers en mal de livres tech

Webibli est un site de prêt de livres entre particuliers, spécialisé dans le numérique. On y trouve des livres traitant de sujets variés, allant du graphisme jusqu’au développement backend.

Lisa Durand, sa co-fondatrice, raconte sa rencontre avec son co-fondateur : “L’idée est venue lorsque nous étions collègues avec Damien, nous étions tous les deux webdesigners et nous nous prêtions nos livres tech. On a rapidement pensé à créer « une grande bibliothèque commune » regroupant toutes les bibliothèques personnelles des professionnels ou des passionnés ayant des bouquins sur le sujet.”

webibli

La plateforme est disponible dans sa nouvelle version depuis Janvier. Plus de 1400 utilisateurs s’y échangent 700 livres, et la communauté continue de grandir au quotidien.

Le conseil de Lisa pour les futures entrepreneures : “Mettez-vous au code ! Investissez cette partie encore trop masculine ! Même sans devenir développeuse, un bagage technique ne pourra qu’aider dans ce milieu. Et bien sur, on vous invite à emprunter des livres pour monter en compétences :)”

Elodie Dessors & Zahra Jenane – Faza – Un Tinder pour tous les créatifs

FAZA est né d’un constat simple: trouver les bons collaborateurs pour réaliser un projet – quel qu’il soit – est très chronophage et relève souvent du parcours du combattant. Les deux fondatrice, Zahra Jenane et Elodie Dessors ont elles-même été confrontées à cette problématique en créant leur société. C’est pourquoi elles ont créé FAZA, une nouvelle plateforme qui permet aux talents créatifs et à ceux qui les cherchent de se trouver mutuellement.

“La solution que nous proposons est à la croisée d’un annuaire en ligne, d’un site de petites annonces et de rencontres 2.0: chaque utilisateur peut swiper les profils ou annonces qui correspondent à ses critères” raconte Elodie. “Notre valeur ajoutée réside notamment dans nos annonces, qui sont postées sous la forme d’images ou photos, comme sur Instagram ou Pinterest. (…) Nous voulions nous distancer des sites d’annonces classiques et de ceux de freelancers qui facturent les transactions.”

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Pour mobiliser sa communauté de profils, FAZA a déjà créé un site média, FAZAZINE, et va lancer sa webapp dans les jours qui viennent, et commencer son effort de croissance en effectuant une première levée de fonds.

Camille Caubrière & Alizée Doumerc – GuestViews – Livres d’or numériques pour les musées

 

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Photo : Olivier Ezratty, pour http://www.qfdn.net

GuestViews digitalise le livre d’or sous la forme d’une application pour tablette au design soigné, et permet aussi de réunir des données plus intelligentes via une interface de gestion et d’analyse. L’objectif : améliorer les stratégies de fidélisation.

La startup a été co-fondée fin 2013 par Alizée Doumerc et Camille Caubriere. L’équipe est composée de 8 personnes. Depuis sa création, la startup a levé 215 000 euros en love money et auprès de business angels, et a su séduire une vingtaine d’institutions culturelles en France (dont le Louvre et le Grand Palais) ou à l’étranger (Musée d’Ixelles).

La valeur ajoutée de GuestViews est considérable. D’une part, elle fait gagner du temps, puisque le traitement des données ne se fait plus manuellement. D’autre part, la perte d’informations a totalement disparu du fait du passage de l’écriture manuscrite à digitale. Le traitement de ces données se révèle une mine d’or pour les musées.

Le mot des fondatrices pour encourager plus de femmes à l’entrepreneuriat tech: “Ayez confiance, oubliez les barrières psychologiques et ne vous laissez pas décourager sous prétexte que c’est un milieu plutôt masculin. (…) Si d’autres femmes se sont lancées, d’autres peuvent le faire !”

Julie Plus – Wipplay – La photographie d’art accessible à tous

 

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Photo : Olivier Ezratty, pour http://www.qfdn.net

Wipplay est une plateforme dédiée aux amateurs de photographie et à la découverte de nouveaux talents. La startup organise des concours prestigieux pour sa communauté de 30 000 photographes, et offre à la vente en ligne leurs créations, “labellisées Wipplay”, pour les amateurs de déco.

Sa fondatrice, Julie Plus, précise: “Wipplay partage avec d’autres réseaux sociaux (Instagram, Pinterest…) le côté « flux ininterrompus » d’images, mais notre valeur ajoutée est celle de l’hyper-éditorialisation et de l’expertise. Il n’y a que sur Wipplay qu’on peut trouver (et même acheter à partir de 65 € !) une photo parrainée par un grand nom de la photographie.”

Issue de la première promotion de la Gaîté Lyrique, incubateur de startups numériques et culturelles, Wipplay a 3 ans, 1 levée de fonds à son actif, 5 collaborateurs et un nouveau défi : lancer officiellement sa plateforme de e-commerce en Juin.

Pour Julie, entreprendre “c’est à la fois le champ libre pour créer, le terrain de jeu pour expérimenter, le meilleur endroit pour rencontrer des nouvelles structures de pensée, et l’espace pour changer un ordre existant.”

Avis aux amateur(e)s !

Nelly Zagury & Célia Elmasu – Holy Faya – bijoux survitaminés, imprimés en 3D

Lancé en Janvier 2015, Holy Faya est un studio créatif basé à Brooklyn, fondé par Célia Elmasu et Nelly Zagury. Le duo propose de la direction artistique, de la création de costumes, bijoux et objets à la mise en scène. En plus de son positionnement radicalement fluo-pop, le duo a une particularité : celle de travailler en impression 3D. Nelly explique : « Les designers utilisent traditionnellement l’impression 3D pour la phase de prototypage et au niveau bijoux, c’est l’impression en métal qui prime toujours. Avec Holy Faya, nous prenons la liberté de mélanger le bioplastique de l’impression 3D avec de l’or, du cuir, des cristaux, de la nacre par exemple. Au delà de la magie de cette technologie; assister à la métamorphose d’un volume dans l’espace; la légèreté, la beauté, la solidité du matériaux autant que l’aspect écologique nous ont séduits. »

Tout récemment, les deux créatrices ont même lancé un « Love Temple Photobooth » (un photomontage et des bagues imprimées en 3D lors d’une soirée) en soutien au candidat Bernie Sanders, qui « porte les valeurs de Holy Faya, prônant la diversité et le combat pour l’égalité. » Une preuve de la conviction du duo : « La technologie est un outil fantastique pour rêver le monde de demain, concrétiser un idéal et répandre un message positif. »

Marie Ouvrard – Encore Magazine – La revue des passionnés et créatifs

Encore est un magazine en ligne lancé en mai 2014 et aujourd’hui une revue semestrielle. “Notre volonté est de mettre en avant les parcours et les expériences d’une génération animée par la motivation et l’ambition de faire de sa passion son quotidien.” Raconte Marie Ouvrard, sa fondatrice. Depuis 10 ans, elle raconte les histoires d’entrepreneurs, artisans ou créatifs en tant que journaliste, et est elle-même entrepreneure depuis 8 ans.

encore magazine

Encore s’inscrit résolument dans un mouvement de révolution des contenus initié par le web; pour Marie, “Que ce soit en photo, vidéo ou texte, la qualité des contenus est devenue très élevée et les approches éditoriales tout aussi abouties qu’originales. Je pense que l’intérêt est dans la multiplication des supports et des informations. C’est à nous, éditeurs, de proposer les meilleurs contenus mais aussi de créer des synergies entre nos activités pour que chaque internaute puisse trouver le contenu qui lui correspond le plus simplement possible.”

Encore est financé sur fonds propres, depuis une campagne de crowdfunding remportée au lancement du magazine.

Et pour cette experte des portraits d’entrepreneurs, “les exemples de réussites des femmes entrepreneures sont de plus en plus nombreux ! La société est en train de changer, que ce soit dans l’entrepreneuriat tech ou de manière plus générale, les femmes ont déjà prouvé qu’elles étaient légitimes et talentueuses à la tête de grandes entreprises à succès. Tout est possible à qui s’en donne les moyens !”


Alors, elle vous inspire notre sélection ? Vous connaissez d’autres pépites tech + culture qui méritent d’être découvertes ? Dites nous en commentaire !