Prix d’un site internet : arrêtez de le comparer à zéro

Thibaud Lapacherie Expert en Marketing digital
Rédigé par Thibaud
Expert marketing digital
Publié le 20 Août 2026
Prix d'un site internet arrêtez de le comparer à zéro

La France a battu son record : 1 165 800 entreprises créées en 2025 (INSEE, janvier 2026). Une bonne partie de ces nouveaux indépendants démarre sans site internet, avec un raisonnement qui semble frappé au coin du bon sens : un site coûte cher, les réseaux sociaux sont gratuits.

Le calcul paraît sain. Il compare pourtant deux choses qui n’ont rien à voir : d’un côté quelque chose qui vous appartient, de l’autre une visibilité qu’on vous prête. Et qu’on peut vous reprendre.

« Gratuit » est un loyer

Vendre uniquement sur les réseaux sociaux, c’est tenir un stand sur un marché qui ne vous appartient pas. L’emplacement ne coûte rien, mais le placier décide de tout : où se trouve votre stand cette semaine, qui passe devant, et si le marché ouvre demain.

Concrètement ? L’application change ses règles, et vos publications ne sont plus montrées qu’à une poignée de vos abonnés. Votre compte est bloqué par erreur, et votre fichier client disparaît avec lui. Vous ne payez pas en euros. Vous payez en dépendance.

Un site, c’est le local en propre. L’adresse est à vous, la vitrine est à vous, personne ne peut la déplacer au fond de l’allée. Les réseaux restent utiles, on y revient plus bas. Mais des deux, un seul vous appartient.

Combien coûte vraiment un site

Les fourchettes publiques donnent des repères fiables. France Num, le portail public d’aide au numérique des entreprises, situe un site « carte de visite » d’une page entre 500 et 2 000 EUR, un site classique de quelques pages entre 900 et 5 000 EUR, et une boutique en ligne entre 3 000 et 10 000 EUR (guide de mai 2021). Plus récent : Wise chiffre le site vitrine d’une petite entreprise entre 800 et 2 000 EUR (juin 2025).

Type de siteFourchette constatéeSource et date
Une landing page500 à 2 000 EURFrance Num, mai 2021
Site vitrine de petite entreprise800 à 2 000 EURWise, juin 2025
Site classique (5 à 10 pages)900 à 5 000 EURFrance Num, mai 2021
Boutique en ligne3 000 à 10 000 EURFrance Num, mai 2021

S’y ajoutent deux frais réguliers : le nom de domaine, c’est-à-dire votre adresse en propre (une dizaine d’euros par an), et l’hébergement, le loyer du serveur où vit votre site (de quelques euros à quelques dizaines d’euros par mois). Ces fourchettes correspondent à une création de site internet confiée à un professionnel, avec un périmètre écrit noir sur blanc avant de signer.

Posons un calcul simple, à titre d’illustration : un site vitrine à 2 500 EUR, gardé cinq ans, revient à environ 42 EUR par mois. Le prix d’un forfait téléphone. Pour l’outil qui présente votre travail à tous ceux qui vous cherchent, la question du « trop cher » change de visage.

Ce que la facture ne montre pas

Le prix d’un site est écrit sur le devis. Ce qu’il vous évite de payer n’y figure pas : chaque personne qui vous trouve sur Google sans publicité est un clic que vous n’achetez pas. Et ces clics ont un prix bien réel : pour apparaître en annonce devant quelqu’un qui tape « créer une entreprise », un annonceur paie environ 18,67 EUR le clic à Google (tarif relevé en juillet 2026 avec DataForSEO, un outil qui mesure ces prix publicitaires).

Un site bien construit travaille la nuit, attire des visiteurs mois après mois, et vieillit bien. Une story disparaît en vingt-quatre heures. Les deux ont leur place. Un seul des deux accumule.

Réseaux d’abord ou site d’abord ?

Soyons honnêtes : pour tester une idée en quinze jours, un compte sur un réseau et un moyen d’encaisser suffisent largement. Le site devient prioritaire au moment où l’offre est validée et où il faut convaincre des inconnus. C’est là qu’on vous cherche sur Google, qu’on vous compare, qu’on veut une adresse stable et des preuves.

Les deux se complètent d’ailleurs très bien : les réseaux font rencontrer, le site fait signer. Et petit budget ne veut pas dire renoncer : une seule page, propre, à votre nom, vaut mieux que pas d’adresse du tout.

Les trois questions qui protègent votre investissement

La vraie peur n’est pas le prix. C’est de se faire avoir. Elle se désamorce en trois questions, à poser par écrit avant de signer :

  1. Le nom de domaine est-il déposé à mon nom, et pas à celui du prestataire ?
  2. Ai-je les accès complets au site et à l’hébergement, comme on garde les clés de son local ?
  3. Que se passe-t-il si nous arrêtons de travailler ensemble : qui garde les textes, les photos, la main sur le site ?

Un prestataire sérieux répond aux trois sans détour. Un silence sur l’une d’elles vous en dit plus long que le devis.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen d’un site internet ?

Entre 900 et 5 000 EUR pour un site classique, selon France Num (mai 2021). C’est le périmètre qui fait le prix : nombre de pages, textes fournis ou à écrire, visibilité Google incluse ou non.

Quel est le prix d’un site vitrine ?

Entre 800 et 2 000 EUR pour une petite entreprise selon Wise (juin 2025), et jusqu’à 5 000 EUR pour un projet plus ambitieux d’après France Num (mai 2021).

Quel budget prévoir la première année ?

La création, plus le nom de domaine (une dizaine d’euros par an) et l’hébergement (quelques euros à quelques dizaines d’euros par mois). Et prévoyez qui fera les mises à jour ensuite.

Est-ce payant de mettre un site en ligne ?

Oui, même en le faisant vous-même : le nom de domaine et l’hébergement restent à votre charge. C’est le travail de conception qui fait l’essentiel de l’écart de prix.

Le mot de la fin : ne demandez pas seulement « combien coûte un site ». Demandez ce que vous coûte, chaque mois, une visibilité qui ne vous appartient pas. Puis posez les trois questions ci-dessus à votre futur prestataire, par écrit.

Photo de Thibaud Lapacherie

À propos de l’auteur

Thibaud Lapacherie

Expert en marketing digital et SEO
Passionné par le marketing digital et la stratégie de croissance, j’aide les entrepreneurs et les professionnels du web à mieux comprendre les leviers du référencement naturel, du contenu et de la conversion. À travers Starther, je partage des analyses concrètes et des conseils pratiques issus de plus de dix ans d’expérience sur le terrain, avec un objectif clair : rendre le marketing plus accessible, plus humain et plus efficace.