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L’an dernier Girls In Tech innovait en annonçant la toute première édition de son baromètre. Une nouvelle source, simple et claire, répondant enfin aux questions que nous nous posons toutes : « Femmes et hommes entreprennent-ils différemment ?» «Quel poids les entrepreneuses tech représentent-elles dans l’écosystème ?  » « Qui finance les fondatrices de startups ?».
Et quand la team de Girls In Tech s’engage, elle agit ! Voici donc venue l’heure de faire le bilan sur l’année 2015…

Une année de rattrapage pour les femmes entrepreneuses

Si les femmes qui entreprennent dans la tech et lèvent des fonds pour financer leur projet restent très minoritaires (15% des levées de fonds et 10% des montants levés), elles pèsent pourtant de plus en plus dans l’écosystème : ces fondatrices ont levé 90m€ en 2015, soit 3,5 fois plus que l’an dernier ! Ce net rattrapage se retrouve également dans la progression du montant moyen levé par ces entrepreneuses, puisqu’il a plus que doublé, atteignant 2,3m€… contre 3,6m€ pour les hommes.

Mais pourquoi un tel décalage sur la taille de tour de financement persiste-t-il ? Les femmes seraient-elles alors plus prudentes, voire moins ambitieuses que les hommes en levant moins d’argent? Certainement pas. Selon moi, l’explication est ailleurs : le mouvement de rattrapage est en marche mais ne peut se faire qu’en douceur : soyons réalistes, une société donnée ne peut lever un 3ème tour de financement de 10m€ sans passer par un tour d’amorçage de 500k€ ! On constate en effet une sur-pondération des levées en amorçage chez les femmes: 50% d’entre elles contre 32% chez les hommes ! Halte aux mauvaises interprétations ! Inutile d’en déduire que les femmes entrepreneuses sont incapables de faire croître leur entreprise et d’atteindre des niveaux de maturité plus importants : les tours records de VestiaireCollective (33m€), de Connecthings (9,5m€) ou encore de 1001Pharmacies (6,5m€) peuvent en témoigner.

Qui sont ces femmes entrepreneuses ?

Fanny Moizant, Sophie Hersan, Laetitia Gazel Anthoine, Sabine Safi… elles sont à la tête de ces entreprises qui lèvent des montants record, mais qui sont-elles ?

Tout d’abord, STOP aux idées reçues, ces femmes sont majoritairement très expérimentées puisque 40% d’entre elles cumulent plus de 10 ans d’expériences professionnelles en entreprise (à l’instar d’Isabelle Bordry, fondatrice de Rentency après 5 ans chez Hachette puis 9 ans chez Yahoo) alors que seulement 10% d’entre elles se lancent après ou pendant leurs études (comme la désormais très médiatisée Marjolaine Grondin, co-fondatrice de Jam). L’étude nous apprend également que 5 de ces fondatrices peuvent se targuer du titre de « serial entrepreneuse » : Tatiana Jama et Lara Rouyres de Selectionnist, Isabelle Bordry de Retency, Dominique Brogi de Meetphone et Hélène Fromen de Thank you Motion. Bravo à elles !

Le baromètre nous confirme cependant  quelques autres préjugés : 82% de ces entrepreneuses tech se lancent en Île-de -France (contre 63% pour les hommes) ; elles sont également sous-représentées dans l’électronique (5% contre 11% chez les hommes) ou le logiciel (16% contre 32% chez les hommes) au profit de l’internet et du e-commerce (63% contre 45% chez les hommes).

Enfin, donnée intéressante pour vous Mesdames qui êtes en pleine réflexion de création, plus de la moitié de ces fondatrices s’associent avec des hommes, alors que moins d’un tiers se lancent seule.

Qui sont les financeurs ?

Difficile d’établir un profil type d’investisseur pro-féminin puisque les financeurs de ces entrepreneuses sont bien trop diversifiés. Saluons néanmoins mes confrères d’Alven Capital, qui malgré leur équipe d’investissement 100% masculine, ont financé 3 des 38 pépites féminines de 2015.

Le bilan, c’est fait. Alors maintenant, à vous de jouer les filles : à vos marques, prêtes, feu, entreprenez !