L’IoT, gadget ou réalité ?

L’objet connecté peine à gagner ses lettres de noblesse : objet fragile, application qui bugge, utilisation gadget… Pourtant, il arrive petit à petit dans nos maisons, de la balance au thermostat, en passant par les bracelets traceurs d’activité et les brosses à dent.

Nous avons posé quelques questions à ce sujet à Barbara Belvisi pour comprendre l’évolution de ce secteur et les problématiques qui se cachent derrière l’acronyme « IoT », Internet of Things.

barbara

Barbara Belvisi a cofondé Elephant&Ventures en 2011, un fonds d’investissement dans le Hardware, et a lancé le Hardware Club en 2014, une association internationale qui réunit les startups dans les objets connectés.

1) GIT : Comment expliques-tu l’engouement des startups pour le « Hardware »  ?

Lors des 5 dernières années, nous avons observé un vrai bouleversement dans le monde du Hardware. Les prix des composants sont devenus abordables, les plateformes open source comme Arduino et Raspberry Pi se sont démocratisées et l’impression 3D est devenue accessible aux particuliers. Il est aujourd’hui possible de construire son prototype sans même aller dans un fablab (atelier qui met à disposition des machines pour transformer des matières premières).

2) Pourtant, cela reste très difficile de lancer et faire tourner une startup Hardware, non  ?

Le succès d’une startup dans le Hardware repose sur trois piliers : investissement, production, distribution. Et la difficulté réside dans le fait qu’il faille valider ces trois points simultanément. Par exemple, une campagne de Crowdfunding réussie rassure ces trois acteurs sur la traction du marché pour le produit.

Dans le Harware Club, nous encourageons nos membres à partager leurs bonnes pratiques, et de notre côté nous les accompagnons dans certaines discussions. Notre Track Record est un label qui sécurise les interlocuteurs.

3) Quelles sont les tendances que tu observes dans le Hardware Club ? Quel est selon toi l’objet le plus prometteur  ?

J’en distingue quatre : les jouets, la santé, les facilitateurs du quotidien et les robots. Le jouet est un marché énorme, et c’est le premier qui fait décoller les objets connectés. Parrot a ouvert le bal avec ces drones, et beaucoup vont bientôt sortir des cartons.

La santé est un domaine plus sensible, et ce n’est pas nécessairement une startup qui va le dominer. Cependant, il y a beaucoup de choses à faire avec les données que nous sommes maintenant capables de récupérer.

Les facilitateurs du quotidien, comme les objets pour la maison ou le bien être, naissent de la science-fiction. Ce sont ces objets dont on a rêvé dans les comics et les films qui deviennent réalité.

Enfin, les objets les plus prometteurs sont sans hésitation les robots. L’avenir des objets connectés est dans ces objets plateformes à partir desquels on construit des services.

4) Une recommandation pour les personnes que l’Internet des Objets intéresse ?

Je préfère parler de l’Intelligence des Objets. Ne construisez pas de capteur, la data pour la data n’a pas d’intérêt. Il faut construire des plateformes et des services.

Paris, France 18 June 2014. Connected Conference - Image ©Dan Taylor/Heisenberg Media - http://www.heisenbergmedia.com/
Paris, France 18 June 2014. Connected Conference – Image ©Dan Taylor/Heisenberg Media – http://www.heisenbergmedia.com/

Barbara interviendra lors de la Connected Conference, qui se tient du 28 au 30 mai au Carreau du Temple (pour celles et ceux qui n’ont pas encore leur billet c’est par ici). Quatre axes seront abordés : Consommateur Connecté, Transformation Industrielle, Croissance des Startups dans l’IoT et Design, Inspiration et Innovation.

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