La priorité des smart cities : l’accès à l’information

En 2050, plus de 70% de la population mondiale vivra en milieu urbain. Avec des populations toujours croissantes, les villes font face à des contraintes grandissantes pour pouvoir continuer à fonctionner : gestion de la mobilité et des transports, énergie, ou encore protection des données des citoyens.

Les collectivités lancent de nouvelles initiatives pour résoudre ces problèmes et certaines travaillent aujourd’hui avec des start-up pour transformer les villes en “smart cities”. Ainsi, une smart city est une ville qui utilise la technologie pour améliorer la qualité de ses services ainsi que la gestion de ses ressources. L’objectif est de créer des modèles urbains plus intelligents et plus durables.
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Nous avons eu l’occasion de poser quelques questions à Laëtitia GAZEL ANTHOINE, fondatrice et CEO de Connecthings, afin de mieux comprendre la portée de ces changements dans la mobilité urbaine.

[Girls in Tech] Quels sont les problèmes prioritaires des villes aujourd’hui ?

Laëtitia GAZEL ANTHOINE : Les enjeux pour les villes sont multiples. L’information est disponible, mais elle n’est pas toujours bien distribuée. Grâce aux nouveaux services, la ville peut donner des informations en temps réel sur le trafic des transports publics. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de mettre plus de bus, mais que l’utilisateur puisse avoir accès à la donnée et s’organiser. Un meilleur trafic viendra tout d’abord d’une meilleure circulation de l’information.

Ensuite, les villes peuvent, via le biais d’applications, récupérer des données sur l’usage réel de ses infrastructures. Elles pourront alors apporter des modifications nécessaires (amélioration d’un arrêt de bus par exemple).

Enfin, ces données pourront être réutilisées par des tiers de confiance pour créer de nouveaux services (note de l’auteur : comme par exemple l’application de déplacement Citymapper, qui propose en temps réel plusieurs itinéraires). Les villes, conscientes des limites de leurs ressources, souhaitent créer des écosystèmes pour bénéficier aux habitants. La priorité est au service rendu.

Comment va évoluer le marché dans 5 ans ?

Selon moi, le futur de la smart city dépend de l’évolution du smartphone et donc de la consommation de l’information en mobilité. Je pense que l’écran du téléphone va progressivement être remplacé par des smart watches et les “wearables devices” vont trouver leur place ; il faudra repenser les applications telles qu’on les connaît. L’information au cœur de la ville va pouvoir être diffusée sur ces nouveaux supports et créer une expérience naturelle et simple pour chacun.

Quels sont quelques exemples qui fonctionnent ?

Il faut regarder du côté de Barcelone pour trouver les précurseurs sur la thématique de la smart city. La ville, qui ne développe pas de service en propre, propose aujourd’hui un label qui approuve des applications tierces. Ainsi, elle se positionne comme tiers de confiance pour ses citoyens et visiteurs.

En France, Connecthings est déployé depuis 18 mois à Bordeaux et nous observons d’excellents résultats. Lors de la première année, la ville a compté plus de 3 millions de consultations du service d’horaires des transports publics en temps réel.

Quel est le prochain grand challenge  ?

La prochaine étape pour la smart city est de dépasser ses propres frontières. Nous aurons un service réellement “intelligent” quand toute l’information sera partagée entre villes, aéroports et centres commerciaux.

A propos

Connecthings a été lancé en 2007 par Laëtitia Gazel Anthoine. L’entreprise déploie dans les espaces urbains et lieux publics des balises connectées qui permettent à l’usager d’accéder à des informations contextuelles et personnalisées (horaires de transports en commun, bons de réduction, événements). Connecthings est aujourd’hui implanté dans plus de 20 villes dont Bordeaux, Nice, Rio de Janeiro, Madrid et Barcelone.

L’équipe a levé 9,5 millions d’euros en septembre dernier pour entrer sur le marché nord-américain et a fait à cette occasion partie de notre baromètre annuel 2015.

Laëtitia Gazel Anthoine interviendra le 26 avril prochain lors du panel “Urban Connectivity”, dans le cadre de INVENTropolis.

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