“La femme doit prendre sa place, ne pas attendre qu’on la lui donne.” Delphine Remy-Boutang, JdFD

Delphine Rémy-Boutang

Nous avons interviewé un panel d’actrices et acteurs de la tech pour recueillir leurs impressions sur le recrutement féminin dans le secteur. Aujourd’hui, c’est Delphine Remy-Boutang, co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale et fondatrice de l’agence de conseil digital The Bureau, qui nous livre son analyse.

Nous avons malheureusement peu de role models. La plupart sont contreproductifs, car intimidants.

« Le constat, c’est que les femmes sont aujourd’hui sous-représentées dans le secteur du numérique, 27% selon les chiffres du Syntec, alors qu’il s’agit du secteur de demain, celui du futur. Il est temps de se réinventer, d’incarner ce secteur, très féminin selon moi par essence, mais nous avons malheureusement peu de role models. Il y en a quelques uns, comme Marissa Mayer ou Sheryl Sandberg, mais ce sont des modèles en définitive contreproductifs car intimidants.

Si on ne saisit pas cette opportunité, les femmes vont à nouveau se retrouver dans un schéma stéréotypé. Ce qui est formidable avec le digital, c’est que les parcours ne sont pas linéaires. C’est l’occasion de casser les idées reçues. La Journée de la Femme Digitale (JFD) a ainsi vocation depuis quatre ans à accueillir le plus large public possible, c’est totalement l’opposé d’un événement « de l’entre-soi ». C’est un événement qui a grandi au fil du temps (le 10 mars s’est tenue la 4e édition de la JFD, ndlr) car de vraies questions sont posées. Nous avons également lancé les JFD Connect, une initiative qui vise à réunir des femmes évoluant dans le domaine du numérique grâce à des événements organisés chaque mois pour networker, échanger, partager ses expériences.

Le digital pour les femmes, c’est l’opportunité de prendre la parole, de créer de l’influence.

Durant cette journée, il y a eu des start-ups qui sont venues pitcher, des constats, des hommes et des femmes entrepreneurs ou intrapreneurs et la remise d’un prix qui porte pour une fois un prénom féminin, en l’honneur de Margaret Hamilton, informaticienne et mathématicienne, codeuse à la NASA, qui a contribué aux premiers pas de l’homme sur la lune. Cet événement est un arrêt sur image dont l’objectif est que les femmes se disent « je peux le faire », « je peux apprendre à coder » par exemple. Pour faciliter cette prise de conscience, on a ainsi préparé des « savoirs à emporter ».

Le digital pour les femmes, c’est l’opportunité de prendre la parole, de créer de l’influence. Les réseaux sociaux sont une caisse de résonance dont il faut s’approprier les outils. Ils permettent une approche collaborative, beaucoup plus féminine dans l’ADN, à travers le travail en équipe, l’intelligence collective : on casse la hiérarchie « à la papa ». La femme doit créer l’entreprise de demain, prendre sa place, ne pas attendre qu’on la lui donne. Le digital doit être considéré comme un levier d’émancipation mais pour cela, il faut en avoir la connaissance ! »

De nouveaux témoignages seront publiés sur ce blog dans les semaines à venir. Au programme : Kathryn Greer, CTO chez SmartAngels, Béatrice Duboisset, fondatrice de TEDXCEWomen, ou encore Rébecca Ménat, Directrice Communication à The Assets. Abonnez-vous à notre newsletter pour n’en rater aucune !

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