Delphine Groll de Nabla, la serial intrapreneure devenue entrepreneure

Petit déjeuner StartHer avec Delphine Groll

Jeudi dernier, les petits déjeuners StartHer ont pris leurs quartiers dans les locaux de Blablacar. Pour cette édition d’octobre, c’est l’entrepreneure Delphine Groll qui nous a parlé de son parcours, de ses expériences d’intrapreneure et des débuts de Nabla. Un grand merci à elle !

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Mon parcours n’a rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui, j’ai sauté de branche en branche. J’ai un profil littéraire et j’ai fait des études de sciences politiques. Puis j’ai passé l’ENA et j’ai échoué : ce premier échec m’a fait réaliser que je devais y parvenir autrement pour me démarquer. Ce que j’ai fait en faisant un stage à l’Elysée. Puis je n’ai finalement pas repassé l’ENA et j’ai débuté ma carrière puisque j’ai directement été embauchée.

J’ai sauté de branche en branche

Cette expérience a duré deux ans, c’était assez dur car je détonnais. J’étais jeune, j’étais une femme, je m’occupais du sport… et je n’étais pas forcément sarkozyste en plus ! À la fin du mandat, j’ai rejoint un cabinet de lobbying, où j’ai notamment travaillé avec Marc Simoncini. Je le considère comme un très grand entrepreneur et un mentor dans sa façon de voir les choses, avec détachement et passion à la fois.

Delphine Groll de Nabla

On était alors en 2012 et je voyais que de nouveaux acteurs arrivaient. Les start-ups bousculaient leur secteur et n’avaient pas toujours les moyens de se faire entendre, de faire du lobbying. C’est comme ça que j’ai lancé APc Startup, c’était ma première expérience d’intrapreneure. J’ai fait beaucoup d’intrapreneuriat, je crois que j’avais un peu peur de me lancer.

Tu es ensuite passée de l’autre côté, tu as rejoint un groupe tech avec une forte culture entrepreneuriale.

Oui, j’ai été débauchée par AuFéminin, où j’ai pris la direction de la communication du groupe pendant trois ans. J’ai adoré travailler avec Marie-Laure (Sauty de Chalon, PDG d’Auféminin jusqu’au rachat par TF1 en 2018, ndlr) et quand je lui ai annoncé que je voulais entreprendre, elle m’a encouragée. Elle m’a demandé de lui présenter des business plans de projets toutes les deux semaines, jusqu’à celui de Gretel, la box d’aliments healthy personnalisable. Cela avait du sens car Marmiton fait partie du groupe et nous n’avions encore aucune box food. Nous avons lancé le projet en quelques mois, j’ai eu l’idée de recourir à un Centre d’Aide par le Travail (CAT) pour l’étiquetage et l’ensachage car une de mes soeurs est handicapée et travaille dans un CAT. Aujourd’hui elle travaille encore sur Gretel, comme près de 50 travailleurs handicapés, et c’est ce qui fait que je reste très attachée à ce projet.

Quand as-tu finalement sauté le pas pour devenir entrepreneure ?

Cela a pris encore un peu de temps. Après un passage par MyLittleParis, quand Auféminin et MyLittleParis ont été rachetées par TF1, je pensais monter un projet avec Fany Pechiodat, avec qui j’aimais beaucoup travailler et qui est la plus grande entrepreneure que je connaisse. En parallèle, on m’a mise en relation avec un entrepreneur qui voulait monter un nouveau projet, après la revente d’une de ses start-ups à Facebook : Alexandre Lebrun. J’ai trouvé que c’était un homme exceptionnel, brillant et d’une grande humilité. On a beaucoup échangé, on s’est vu durant quelques mois avant de décider de travailler ensemble.

Quand on s’associe, ce qui compte c’est de savoir si on va tenir un marathon ensemble

Ce n’est pas tant l’expertise qui est importante quand on s’associe avec quelqu’un. C’est savoir si on va tenir un marathon de 5-10 ans ensemble. J’ai donc eu besoin de le voir dans un autre contexte que celui du microcosme tech parisien et nous sommes allés skier ensemble. Il faut savoir que je suis une ancienne championne de ski, plutôt compétitive envers moi-même. Je ne lui avais pas dit et il a eu un peu de mal à me suivre sur la première piste (rires) : on peut dire que nous nous sommes associés en bas de la piste. J’ai ensuite rencontré Martin Raison, notre troisième associé et CTO, qui est d’une intelligence hors norme et à qui j’ai toute de suite su que je pourrai faire confiance. On a lancé la société un peu avant l’été 2018, nous sommes aujourd’hui 11 dans l’équipe et je suis COO, celle qui met de l’huile de coude dans les rouages, entre autres !

Petit déjeuner d'octobre StartHer

Justement, peux-tu nous en dire plus sur cette période durant laquelle vous avez discuté de votre association ?

Au début, je lui ai demandé de détailler les missions, j’ai été très franche sur ce que je savais faire ou pas. C’est d’ailleurs parce que j’ai été très transparente dès le départ qu’il n’y a jamais eu de déconvenue par la suite. Et ce qui est original, c’est que mon expertise est dans la communication et que nous avons très peu communiqué depuis le lancement. Je tiens à nous protéger, nous communiquerons quand nous aurons quelque chose de très fort à raconter. Aujourd’hui la priorité est de construire l’équipe et de développer les projets.

Il m’a ensuite testé sur plein de petites choses, sans me le dire explicitement je crois, sur ma façon de trouver des bureaux ou de négocier avec les avocats par exemple. En tout, cette période a duré plusieurs mois, nous avons commencé nos discussions en novembre et commencé à travailler ensemble, en dehors de nos horaires de travail, en février.

Quant à ma dernière question, elle concernait le modèle d’entreprise qu’ils voulaient construire. Alexandre avait déjà créé et revendu plusieurs entreprises et ce que je ne voulais pas, c’était une revente après un an, je voulais construire une entreprise sur le long terme. L’argent n’est pas mon moteur, je veux créer des entreprises dans lesquelles les gens se sentent bien, dans lesquelles on s’amuse. Et où l’on crée des produits qui n’auraient pas pu exister deux ans auparavant, comme on le fait aujourd’hui chez Nabla avec le machine learning.

Ce qui ressort de ton parcours, c’est d’avoir réussi à t’entourer de personnes fortes, aux profils incroyables. Comment y es-tu parvenue ?

À l’Élysée, c’est Sophie Dion que je trouvais extraordinaire, je voulais la rencontrer après mon échec à l’ENA. Mon mari m’a poussée à la contacter, il m’a dit “vas-y, tu n’as rien à perdre !” C’est ensuite Marie-Laure qui m’a donné envie de quitter le lobbying pour Auféminin puis Alexandre que j’ai rejoint pour créer Nabla. Je recherche des personnes qui vont me tirer vers le haut et qui sont aussi des optimistes. J’ai toujours cet “annuaire” d’alliés qui vont m’aider et être de bon conseil en cas de doutes. Vous aurez toujours des détracteurs, il faut fuir ça et avoir des gens de confiance à vos côtés !

Petit déjeuner StartHer chez Blablacar

Ça tombe bien, c’est justement la mission que s’est donnée l’équipe de StartHer : vous présenter des femmes aux parcours inspirants, au sein d’une communauté dynamique et bienveillante. On en parle autour d’une bonne brioche ? Merci à notre partenaire Lenôtre qui nous a une fois de plus régalés lors de ce petit déjeuner mensuel.

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